L'épuisement de l'aidant est réel, courant, et n'a rien de honteux. Quand vous êtes focalisé sur les soins apportés à quelqu'un atteint de cancer, il est facile d'oublier que vous avez vous aussi besoin de soins. Le monde félicite les aidants dévoués, mais le dévouement porté à l'extrême devient de la négligence envers soi-même — et cela n'aide personne.
Les signes de l'épuisement de l'aidant comprennent : une fatigue constante même après le repos, le fait de se sentir plein de ressentiment ou de colère envers la personne dont vous vous occupez, le repli sur vous-même, loin des amis et des activités que vous appréciiez, une plus grande fréquence des maladies, un sentiment d'impuissance ou de désespoir, des difficultés de concentration, des changements dans le sommeil ou l'appétit, et un sentiment persistant que rien de ce que vous faites n'est suffisant.
Si vous reconnaissez ces signes, ce n'est pas un échec — c'est un signal indiquant que vous avez besoin de soutien. Votre corps et votre esprit vous disent quelque chose d'important. Écoutez-les comme vous écouteriez votre proche.
Fixer des limites avec compassion. Il est correct de dire « j'ai besoin d'une pause ». Prendre du temps pour vous ne signifie pas que vous aimez moins votre proche. Cela signifie que vous vous assurez de pouvoir continuer à être là pour lui. Un aidant qui s'effondre d'épuisement ne peut prendre soin de personne. Considérez le repos non comme un luxe mais comme une maintenance — vous vous maintenez en état de marche pour pouvoir continuer à être présent.
Acceptez l'aide des autres. Quand des gens proposent de vous aider, laissez-les faire. Partagez les responsabilités de soin avec des membres de la famille, des amis ou des aidants professionnels. Beaucoup d'aidants pensent que personne ne peut faire aussi bien qu'eux, mais la vérité est qu'une aide suffisamment bonne est quand même une aide précieuse. Vous n'avez pas à faire cela seul, et vous ne devriez pas.
Cherchez un soutien professionnel. Un thérapeute ou un conseiller qui comprend le stress de l'aidant peut vous donner des outils pour faire face et un espace sécurisé pour exprimer des sentiments à propos desquels vous pourriez vous sentir coupable. De nombreux hôpitaux et centres de cancérologie proposent également des groupes de soutien spécifiquement pour les aidants.
Protégez de petits moments de normalité. Gardez une activité qui n'appartient qu'à vous — une promenade matinale, un appel hebdomadaire avec un ami, une série que vous regardez sans culpabilité. Ces petites ancres vous rappellent que vous êtes plus qu'un aidant. Vous êtes une personne entière qui mérite aussi des soins.
Souvenez-vous : prendre soin de vous n'est pas égoïste. C'est essentiel. Vous comptez aussi dans cette histoire.